Cercle d'Investigations Cliniques et Biologiques en Allergologie Alimentaire

 

INFORMATIONS UTILES

> Nouvelles directives sur l'étiquetage

D.A. MONERET-VAUTRIN
Service de Médecine Interne
Immunologie Clinique
et Allergologie
Hopital Central
29, Av. de Lattre de Tassigny
54035 NANCY Cedex
France


La Directive 2003/89 du CE du Parlement Européen et du Conseil vient d’être publiée le 25 novembre 2003 (J.O. de l’Union Européenne L308/15). Elle modifie la Directive 2000/13/CE concernant l’indication des ingrédients présents dans les denrées alimentaires.
Les Etats Membres ont jusqu’au 25 novembre 2004 pour adopter les dispositions nécessaires de façon à permettre la vente des produits conformes à partir du 25 novembre 2004.
Le préambule reconnaît la nécessité que les patients souffrant d’allergies alimentaires trouvent par l’étiquetage « une information plus complète ». Il fait allusion aux allergènes les plus courants, mais ne caractérise pas certains comme allergènes dangereux.
En conséquence, le sésame n’est pas nommé dans cette introduction, alors qu’il fait partie de la liste des allergènes dont la présence dans les aliments solides et les boissons doit être déclarée : annexe III bis


ANNEXE III bis
Ingrédients visés à l’article 6, paragraphes 3 bis, 10 et 11

  • Céréales contenant du gluten (à savoir blé, seigle, orge, épeautre, kamut ou leurs souches hybridées) et produits de base de ces céréales.
  • Crustacés et produits à base de crustacés
  • Œufs et produits à base d’œufs
  • Poissons et produits à base de poissons
  • Arachides et produits à base d’arachides
  • Soja et produits à base de soja
  • Lait et produits à base de lait (y compris le lactose)
  • Fruits à coque, à savoir amandes (Amygdalus communis L.), noisettes (Corylus avellana), noix (Juglans regia), noix de cajou (Anacardium occidentale), noix de Pécan [Carya illinoiesis (Wangenh.) K. Koch], noix du Brésil (Bertholletia excelsa), pistaches (Pistacia vera), noix de Macadamia et noix du Queensland (Macadamia ternifolia) et produits à base de ces fruits.
  • Céleri et produits à base de céleri.
  • Moutarde et produits à base de moutarde.
  • Graines de sésame et produits à base de graines de sésame.
  • Anhydride sulfureux et sulfites en concentrations de plus de 10 mg/Kg ou mg/litre exprimées en SO2.

Il est assuré que cette liste fera l’objet de ré-examens systématiques avec mise à jour sur la base des connaissances les plus récentes. Le premier ré-examen aura lieu au plus tard le 25 novembre 2005.
Le problème des ingrédients est détaillé : si l’ingrédient fait moins de 2 %, la liste des composants n’est pas requise si ces composants ne font pas partie de la liste des allergènes, ou bien s’il s’agit d’épices ou de plantes aromatiques, ou bien « lorsque sa composition est définie dans le cadre d’une réglementation communautaire en vigueur » ( ?...)
Commentaires :
L’application de cette Directive constituera un progrès pour les patients ayant des allergies alimentaires identifiées. Les allergologues sont bien conscients qu’elle entérine les connaissances actuelles et qu’elle ne sera d’aucune aide pour le dépistage des nouvelles allergies. Ils devront donc comme par le passé réaliser des prick-tests réalistes aux aliments suspects, obtenir de l’industrie la composition complète de leurs produits, puis rechercher une sensibilisation à tous les constituants. Il faut certes espérer que les industriels accepteront cette transparence et ne feront pas une interprétation perverse de la Directive, en omettant d’informer sur la nature des ingrédients qu ne sont pas obligatoires selon cette Directive…